Un dernier bras de fer perdu avec le diable. D’un post Instagram sobre – pour lui en tout cas – Zlatan Ibrahimovic a mis officiellement fin, hier, à sa courte aventure à Manchester United. La MLS, qui lui était promise, et Los Angeles lui tendent désormais les bras. Et s’il devrait gagner en visibilité, le LA Galaxy récupère un golgoth affaibli. 

On aurait imaginé des adieux à l’Europe un peu plus grandioses. Loin des frasques et des larmes qui avaient accompagné son départ de Paris, Zlatan Ibrahimović a quitté Manchester United par la petite porte, hier, et s’envole pour Los Angeles où il signera, selon le Los Angeles Times, un contrat de deux ans. Une rupture de contrat soudaine, presque discrète. Jamais vraiment remis de sa blessure au genou droit intervenue en avril 2017, le géant Suédois n’était plus que l’ombre de lui-même cette saison. Sept petites apparences sous le maillot de Manchester United, une statistique presque flatteuse au vu des bouts de matchs dont a du se contenter celui qui, pas plus tard que cet été, se targuait de récupérer le numéro 10 des Red Devils après une prolongation de contrat inattendue. La guérison éclair de son genou n’était qu’un mirage. Le spectre de la tant redoutée « saison de trop » l’aura sûrement fait fuir.

« Les anges déchus, les gens déçus »

Zlatan quitte donc l’Europe pour l’Amérique, ne faisant pas forcément du bien au cliché selon lequel seuls les stars européennes en déclin se laissent charmer par l’oncle Sam. Un cliché dont la MLS tente pourtant de s’éloigner : selon les statistiques du site Transfermarkt, les 12 extracommunautaires qui ont rejoint le championnat américain cette année culminent à une moyenne d’âge de 23,16 ans. Sauf que l’âge ne rentre plus vraiment en compte dans ce genre de transfert, pas plus en tout cas que l’aura ou le potentiel marketing. Le même qui avait, déjà, conduit le LA Galaxy à miser sur des profils comme Robbie Keane, David Beckham, Steven Gerrard ou Ashley Cole. Avec l’arrivée d’un concurrent dans sa ville (le LAFC, qui s’est offert le Mexicain Carlos Vela), le club le plus titré des États-Unis entend réaffirmer sa suprématie et rebondir après une saison ratée, qui l’aura vu manquer les play-offs pour la première fois depuis 2008.

Avec Ibrahimovic, Los Angeles s’offre, évidemment, bien plus qu’un footballeur. Au bon souvenir de David Beckham, que le Z avait côtoyé le temps d’une demie saison au Paris Saint-Germain, la cité des Anges va découvrir un monstre de marketing et d’influence, et surtout une bête de football. Idéal pour un pays qui cherche à promouvoir et à développer son soccer. De son côté, le Suédois va découvrir un septième championnat, un neuvième club, et la perspective excitante de rajouter à son armoire personnelle un nouveau trophée. Car si l’on a pu le qualifier de mercenaire par le passé, on ne peut pas vraiment reprocher à un joueur de son envergure de rallier les États-Unis pour autre chose que pour le sacrosaint « projet sportif », sachant qu’il va diviser par six son salaire (la MLS plafonnant les revenus des joueurs à $1,5M par saison, contre les 7M€ qu’il touchait à Manchester United). Après 29 buts en 53 matchs à United et une année cauchemardesque, Zlatan quitte United sur un goût d’inachevé. Mais il a une belle opportunité, avec ce nouveau challenge, de s’offrir une très belle fin de carrière. On a déjà hâte de le voir gueuler sur Romain Alessandrini.

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