Évoquée avec insistance ces derniers jours, la piste Lassana Diarra pour lancer l’hiver du Paris Saint-Germain a de quoi faire se lever quelques sourcils. Mercenaire sans pied-à-terre, l’international français pourrait bien rendre quelques fiers services au club de la capitale… S’il parvient à retrouver son meilleur niveau. 

Il y en a un qui doit être ravi, c’est Adrien Rabiot. Finie la corvée de sentinelle : si tout se passe bien, le PSG devrait très bientôt accueillir un nouveau numéro 6 dans son effectif, capable de suppléer un Thiago Motta vieillissant et d’apporter un peu d’équilibre à un milieu parisien parfois dépassé. Le nom du sauveur ? Lassana Diarra, 32 ans et une belle réputation encore tenace suite à son passage très réussi à Marseille entre 2015 et 2017. Youpi ?

Libre de tout contrat depuis le 24 décembre et la résiliation de son bail avec Al-Jazira, Lassana Diarra est, objectivement, le meilleur rapport qualité-prix disponible sur le marché pour un PSG qui doit compter les centimes jusqu’à la fin de l’exercice. En l’absence d’indemnité à payer, les dirigeants parisiens vont certainement devoir faire un petit effort sur la prime à la signature et le salaire du natif de Paname. Mais ça restera toujours moins cher que d’aller débaucher un Weigl ou un Kanté. Et à ce prix-là, Paris peut nourrir un espoir : celui de potentiellement récupérer le Lassana Diarra qui avait porté l’OM en 2015-2016 et étonné la France du football, avec notamment une première partie de saison fantastique qui lui a permis de retrouver l’Équipe de France. Ses performances avaient d’ailleurs impressionné au sein même de l’écurie parisienne. Thiago Motta sur RMC, après un Classique remporté 2-1 au Vélodrome (le 7 février 2016) : « Lassana Diarra c’est l’exemple du milieu de terrain complet. Il défend, il est intelligent, il attaque, il joue bien au ballon. C’est rare. Il pourrait jouer sans problème dans un grand club européen. » Prémonitoire ?

La jurisprudence Ben Arfa

Oui… mais. Oui mais malgré toutes les qualités du joueur, qui affiche à l’aube de la trentaine une carrière somme toute honorable (des passages à Chelsea, Arsenal, au Portsmouth de la grande époque et surtout au Real, 34 sélections en Équipe de France et six trophées majeurs), Lassana Diarra a surtout montré – et subi – énormément d’inconstance depuis son départ de Madrid en 2012. Lass’ s’en va alors renforcer les rangs du gourmand Anzhi Makhachkala : l’ambitieux laisse place au mercenaire, et sa carrière en pâtit. Après un an à Anzhi, il débarque au Lokomotiv Moscou, qui le laisse partir un an plus tard avec un procès au cul. Rien qui ne serve la stabilité du joueur, qui passera une année complète sans goûter de pelouse avant son arrivée à Marseille où, là encore, ça se finit sur un conflit. Et quand, en avril 2017, Lassana Diarra croit enfin rebondir aux Émirats Arabes Unis, c’est pour mieux résilier son contrat huit mois après pour salaire impayé. Un enchaînement de galères, et un chiffre qui n’a rien de rassurant : depuis septembre 2012, Lassana Diarra a disputé, en tout et pour tout, moins de 100 matchs (98 toutes compétitions confondues).

En tentant le pari Diarra, Paris ne prend pas de risques inconsidérés. D’après Paris United, le club de la capitale n’a proposé au Francilien, par l’intermédiaire de son directeur sportif Antero Henrique, qu’un bail de 18 mois. C’est peu, et ça confirme que tout bon coup qu’il puisse se révéler être, Lassana Diarra n’arriverait au PSG que dans la peau d’une solution intermédiaire, en attendant que les parisiens n’aient plus les mains liées par le fair-play financier. Mais il reste quand même une probabilité non négligeable que, comme pour Hatem Ben Arfa, la venue de Lass au PSG fasse flop. Deux garçons qui se ressemblent à bien des égards, tant leurs carrières sinueuses correspondent à l’intermittence de leur talent et à leur tempérament parfois difficile. La seule différence, c’est que Diarra a réussi, lui, à s’imposer dans de très grands clubs. Il faudra puiser dans ses ressources pour rééditer la performance. Car s’il signe effectivement Lassana Diarra, Paris récupérera certes un joueur talentueux et revanchard, mais un joueur brisé et à court de forme, qui n’a plus joué depuis le 3 novembre dernier pour cause de blessure et qui n’a disputé que six matchs en 2017. À lui de prouver, comme il a su le faire auparavant, qu’il est bien plus que ces mauvaises statistiques.

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