Cet article a été écrit le 10 mai 2019 pour L’Équipe et est à retrouver en intégralité en premium sur lequipe.fr.

Le 8 mars 2017, le FC Barcelone remontait quatre buts au Paris Saint-Germain en huitième de finale retour de la Ligue des champions. Deux ans plus tard, le fantôme de la « remontada » semble toujours hanter l’Europe du football, pour le meilleur et pour le pire.

Jamais une édition de la Ligue des champions, depuis la réforme de la compétition en 2003 et l’instauration des huitièmes de finale, n’aura connu autant de retournements de situation en phase finale que cette cuvée 2019. Un millésime pétillant, parfumé à l’excitation avec un arrière-goût d’exploit, qui confirme un tournant dans l’histoire statistique de la C1.

Car on peut clairement distinguer un avant et un après « remontada » première du nom, à savoir celle qui a vu le FC Barcelone renverser le Paris Saint-Germain le 8 mars 2017. Avant, seules sept équipes étaient parvenues à surmonter un handicap de deux buts en phase finale, une seule de trois buts (le Deportivo La Corogne, contre le Milan AC, en 2004). Depuis, en seulement deux ans, le scénario s’est déjà produit six fois, dont quatre rien qu’en 2019. Et si cette avalanche de scénarios renversants trouvait directement son origine dans cette soirée hors du temps au Camp Nou, au moment précis où les filets de Kevin Trapp ont tremblé pour la sixième fois ?

La remontada « originelle » a eu pour effet de faire mentir de façon spectaculaire l’idée qu’un lourd handicap était insurmontable, faisant passer ce genre de performances du domaine du « potentiel » à celui du « réel ». «  Ce match a créé un ‘précédent’, un exemple, selon la psychanalyste Anaëlle Lebovits-Quenehen. Il a ouvert le champ des possibles à ceux qui pensaient la chose impossible jusqu’ici.  » En battant Paris, Barcelone s’est donc posé comme un exemple à suivre devant toute l’Europe, défiant toutes les statistiques qui lui promettaient l’élimination.«  Un exemple peut en effet suffire à inspirer et à galvaniser ceux qui suivent, à la condition évidemment qu’une équipe ait les moyens techniques suffisants. La croyance en la statistique qui inhibait l’acte, une fois démentie, permet dès lors aux hommes de le rendre possible. La tentation de tout calculer trouve sa limite là où le désir des hommes entre en scène.  »

La performance barcelonaise serait donc le phare qui a guidé Rome, la Juventus, Manchester United, Liverpool ou Tottenham vers l’exploit. Avec, en toile de fond, ce mot, « remontada », qui n’a plus quitté les lèvres des experts depuis et qui a participé à la création d’un mythe autour de ce match.

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