En éliminant les Brésiliens de Palmeiras cette nuit, Boca Juniors a rejoint son rival historique River Plate en finale de Copa Libertadores. Si les coéquipiers de Carlos Tévez ont géré une avance acquise lors de leur demi-finale aller, la qualification des joueurs de Marcelo Gallardo relève, elle, du miracle. Retour sur ces deux matchs avant une finale qui s’annonce déjà historique.

Un Superclásico en finale de la Libertadores, what else ?

Double-champion d’Argentine en titre, la Copa Libertadores est cette saison pour Boca Juniors une réelle bouffée d’oxygène. Mal en point en championnat (9e sur 26), critiqués pour la pauvreté de leur jeu, les Xeneizes (le nom usuel des joueurs de Boca) ont perdu leurs deux dernières confrontations face à leur rival, en mars puis en septembre, sur le score de 2-0. Coachés par la paire d’entraîneurs jumeaux Guillermo et Gustavo Barros Schelotto, Boca n’est pas aidé par un Carlos Tévez méconnaissable après sa pige en Chine, au point de ne pas être titulaire.

Benedetto, homme providentiel

Face à Palmeiras, les Xeneizes ont su faire preuve de patience : à l’aller, dans une Bombonera incandescente, ils ont fait la différence en toute fin de match grâce à un doublé de Dario Benedetto – attaquant pourtant muet depuis près d’un an (339 jours pour être précis, notamment pour cause de blessure).

Hier soir, lors du match retour au Brésil, Boca s’est rapidement mis à l’abri en ouvrant le score, obligeant Palmeiras à marquer à quatre reprises – règle du but à l’extérieur oblige. A la 60e, Palmeiras prenait l’avantage sur penalty (2-1) et conservait un petit espoir. C’était sans compter sur Dario Benedetto, entré dans la foulée et qui égalisa à 2-2 à un gros quart d’heure du terme. Définitivement supersub.

Pour River, une remontada historique et polémique

Ultra-dominateurs lors de leur demi-finale aller à domicile, les joueurs de River Plate s’étaient inclinés 0-1 la semaine dernière face au Grêmio, club brésilien et surtout tenant du titre en Libertadores. Mal embarqué, River jouait le match retour avec son entraîneur Marcelo Gallardo en tribunes (suspendu) et fut rapidement privé de son capitaine Leo Ponzio, sorti sur blessure. A la demi-heure de jeu, Grêmio ouvrait le score – encore une fois contre le cours du jeu. Avant une fin de match rocambolesque.

Sur un coup franc légèrement dévié, les joueurs de Gallardo revinrent au score à la 75e. Avant qu’un recours au VAR (utilisé pour la deuxième saison consécutive en Libertadores) à la 85e n’accorde un penalty à River Plate. Aucun joueur ne semblait pourtant réclamer une main de la part du défenseur brésilien. Après quasiment 10 minutes d’arrêt ( !), Gerardo Martinez plantait son péno et envoyait River en finale.

Depuis, le club brésilien a déposé un recours auprès de la CONMEBOL (la fédération sud-américaine). Il conteste un fait de jeu  : une légère main de Rafael Santos Borré, buteur sur l’égalisation de River. Plus problématique vis-à-vis du règlement  : le Grêmio accuse River Plate de tricherie. Marcelo Gallardo, pourtant suspendu, est en effet descendu dans les vestiaires pour parler à ses joueurs à la mi-temps, ce qui lui était interdit. L’entraîneur a totalement assumé sa conduite en zone mixte après le match. Le Grêmio réclame la victoire sur tapis vert, tandis que Gallardo, lui, dit qu’il assumera parfaitement s’il venait à être suspendu pour les deux matchs de la finale.

Une finale en apothéose

Dans l’attente des décisions de la CONMEBOL – qu’on voit tout de même difficilement annuler le résultat acquis sur le terrain pour River – l’affiche Boca Juniors-River Plate met déjà tout un pays en ébullition, si ce n’est plus. La finale aller doit avoir lieu le 7 novembre, à la Bombonera. Le retour, initialement prévu le 28 au stade Monumental, pourrait être décalé d’une semaine pour cause de G20 et de soucis de sécurité à Buenos Aires.

D’un point de vu strictement sportif, cette finale est déjà historique. C’est la première fois que les deux rivaux vont s’affronter à ce stade de la compétition. En 2015, ils s’étaient affrontés en huitièmes de finale mais des débordements des supporters à la Bombonera, à la mi-temps du match retour, avaient conduit la CONMEBOL à suspendre le match puis à qualifier River directement pour les demi-finales.

Vainqueur par la suite de cette édition de la Copa Libertadores, River peut remporter la compétition pour la deuxième fois en trois ans. Ce serait une véritable consécration pour Marcelo Gallardo, en poste depuis juin 2014. Pour Boca, le challenge est tout autre. Leur dernière victoire en Libertadores remonte à 2007. Le club, qui compte déjà 6 victoires dans la compétition, peut égaler le record d’un autre club argentin, Independiente, qui en compte 7 à son palmarès.

C’est la dernière année que la finale de la Copa Libertadores se joue sur un match aller-retour. A partir de 2019, elle se jouera sur un match sec et dans une ville définie à l’avance (Santiago du Chili en l’occurrence) sur le modèle de ce qui se fait en Europe en Ligue des Champions. De quoi donner encore un peu plus de piquant à cette affiche, si tant est qu’elle en avait besoin.

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